Recettes d'un centre de santé : les 4 fuites les plus fréquentes et comment les repérer
Votre centre perd de l'argent sans que vous sachiez où ? Quatre fuites expliquent souvent les pertes de recettes. Voici comment les repérer et par quoi commencer.

Dans cet article
Introduction
Les plannings sont pleins, les équipes ne chôment pas, et pourtant le résultat ne suit pas. Ce décalage trahit souvent des recettes de centre de santé qui fuient sans bruit.
Elles ne disparaissent pas d'un coup : elles s'échappent par petits montants répétés. Or l'IGAS rappelle que 80 % des financements des centres pluriprofessionnels dépendent de l'activité des médecins, et que leur déficit d'exploitation médian atteint près de 10 % des dépenses (rapport n° 2023-034R, publié en février 2025) [IGAS]. Chaque acte mal facturé pèse donc directement sur l'équilibre.
Quatre fuites reviennent le plus souvent : les rejets de télétransmission, les actes réalisés mais non facturés, les impayés des complémentaires et les financements jamais demandés.
Fuite n° 1 : les rejets de télétransmission
Un rejet de télétransmission est une feuille de soins électronique refusée par l'Assurance Maladie ou la complémentaire. L'acte est réalisé, mais il ne sera pas payé tant que personne ne le corrige.
Les causes reviennent toujours : droits du patient fermés ou mal à jour, problème de carte Vitale, complémentaire mal renseignée.
Prévenir dès l'accueil. Vérifiez les droits en temps réel avec ADRi (acquisition des droits intégrée), le service de l'Assurance Maladie qui interroge les droits à jour du patient depuis le logiciel.
Repérer sans attendre. Traitez les retours NOEMIE, ces fichiers qui signalent paiements et rejets, à rythme fixe, par exemple chaque semaine. Une pile qui grossit se traite de plus en plus mal.
Exemple : dans un centre où l'accueil saisit les mutuelles sans vérifier les droits, les rejets de télétransmission s'accumulent. Personne ne les retraite, et ces actes restent impayés.
Fuite n° 2 : les actes réalisés mais non facturés
Une partie de l'activité réelle n'apparaît jamais dans la facturation. La cause est presque toujours un oubli ou une méconnaissance de la nomenclature.
Les cas typiques sont les majorations oubliées (horaires, contexte, âge du patient) et les actes techniques réalisés pendant une consultation mais non cotés. L'ophtalmologie y est particulièrement exposée.
L'objectif est de facturer ce qui est dû, jamais de surcoter.
Pour les règles, une seule référence : la nomenclature officielle sur ameli.fr. La NGAP (Nomenclature générale des actes professionnels) couvre les actes cliniques, la CCAM (Classification commune des actes médicaux) les actes techniques.
Repérer les actes non facturés. Sur un échantillon de journées, comparez l'agenda ou les comptes rendus avec ce qui a été facturé, praticien par praticien.
Exemple : un ophtalmologiste réalise régulièrement un examen technique pendant ses consultations, mais ne le saisit pas dans le logiciel. Ce geste, pourtant tracé dans ses comptes rendus, n'est jamais facturé.
Fuite n° 3 : les impayés des complémentaires
En tiers payant, la part complémentaire est une créance que le centre doit suivre lui-même. Sans suivi, elle vieillit, puis se perd.
Deux causes dominent :
Aucun responsable identifié : les créances ne sont jamais relancées.
Une saisie incomplète à l'accueil : organisme, numéro d'adhérent ou dates de droits erronés.
Repérer les impayés. Sortez la balance âgée des créances complémentaires, c'est-à-dire leur classement par ancienneté. Relancez tout ce qui dépasse plusieurs mois, avant l'expiration du délai de prescription.
Exemple : un centre découvre en fin d'exercice un stock d'impayés mutuelles concentré sur quelques organismes. Une relance ciblée, organisme par organisme, aurait limité les pertes.
Reste une dernière fuite. Elle ne concerne plus l'argent dû par les patients et leurs mutuelles, mais celui dû au centre lui-même.
Fuite n° 4 : les financements jamais demandés
Une partie des financements d'un centre de santé n'est pas versée d'office. Le centre doit les demander et justifier ses droits.
Le cadre a changé : le nouvel accord national des centres de santé est en vigueur depuis le 1er octobre 2025 (circulaire Assurance Maladie CIR-12/2025). Chaque rémunération forfaitaire a ses propres conditions
L'exemple de la subvention Teulade. Prévue à l'article L162-32 du Code de la sécurité sociale, elle rembourse à l'employeur 11,5 % de la rémunération brute des praticiens et auxiliaires médicaux salariés. Elle est réservée aux centres conventionnés.
Le piège : Le personnel de secrétariat n'y ouvre pas droit. Il doit être exclu de la base de calcul, d'où l'intérêt d'une masse salariale ventilée par fonction.
Exemple : un centre déclare toute sa masse salariale, secrétaires médicales comprises. Son dossier devra être corrigé avant d'être accepté.
Pour constituer ces dossiers de financements de centre de santé, des cabinets spécialisés comme Opti-CDS accompagnent les équipes.
Le tableau ci-dessous résume l'accompagnement proposé par Opti-CDS sur ces financements.
Ce que gère Opti-CDS | Ce que ça règle principalement | Pourquoi c'est différenciant |
|---|---|---|
Dossier de subvention Teulade | Une base de calcul erronée, par exemple le secrétariat inclus à tort | Ventilation de la masse salariale par fonction avant l'envoi, plutôt que correction après coup |
Rémunérations forfaitaires de l'accord national en vigueur depuis le 1er octobre 2025 | Des forfaits jamais demandés faute de connaître les critères | Recensement des forfaits accessibles au centre selon les conditions de l'accord |
Constitution et suivi des dossiers de financement | Des dossiers incomplets, oubliés ou déposés hors délai | Expertise dédiée aux financements des centres de santé, sans mobiliser l'équipe administrative |
Pièces justificatives des droits du centre | Des demandes rejetées ou à reprendre faute de justificatifs | Préparation des justificatifs en amont du dépôt |
Exemple : le centre qui déclarait toute sa masse salariale, secrétaires comprises, aurait corrigé sa base de calcul avant le dépôt. Son dossier n'aurait pas été renvoyé.
Comment repérer chaque fuite en un coup d'œil ?
Chaque fuite laisse un signe repérable.
Fuite | Signe d'alerte | Première action |
|---|---|---|
Rejets de télétransmission | Retours NOEMIE accumulés | ADRi à l'accueil, rejets traités chaque semaine |
Actes non facturés | Facturation inférieure à l'activité réelle | Comparer agenda et facturation |
Impayés complémentaires | Créances anciennes (balance âgée) | Nommer un responsable des relances |
Financements non demandés | Aucun dossier de subvention suivi | Recenser les financements, dont Teulade |
Questions fréquentes
Comment savoir si mon centre perd des recettes ?
Comparez, praticien par praticien, trois niveaux : l'activité réalisée, l'activité facturée et l'activité encaissée. Chaque écart signale une fuite. Complétez par deux indicateurs suivis dans la durée : le volume de rejets de télétransmission et la balance âgée des créances complémentaires.
Quel est le premier réflexe face aux rejets ?
Lisez le motif du rejet dans le retour NOEMIE, corrigez la feuille de soins, puis renvoyez-la. Traitez ensuite la cause à la source : si les droits étaient fermés, la vérification ADRi doit devenir systématique à l'accueil.
La subvention Teulade couvre-t-elle les secrétaires médicales ?
Non. La subvention Teulade, prévue à l'article L162-32 du Code de la sécurité sociale, concerne les praticiens et auxiliaires médicaux salariés des centres conventionnés. Le secrétariat n'y ouvre pas droit : excluez-le de la base de calcul avant d'envoyer le dossier.
À quelle fréquence faut-il contrôler ses recettes ?
Aucune fréquence n'est imposée, mais un rythme régulier limite les pertes. Une bonne pratique consiste à traiter les rejets chaque semaine, à revoir les créances complémentaires chaque mois et à faire le point sur les financements une fois par an.
Par où commencer cette semaine ?
Ces quatre fuites se corrigent par de la méthode, pas par plus d'activité. Vous n'avez pas besoin d'outils nouveaux, seulement d'un rythme.
Cette semaine, extrayez deux listes : les rejets des trente derniers jours et la balance âgée des complémentaires. Puis désignez un responsable pour chacune.
Sources
Date de consultation : 21/10/2026
IGAS, « Évaluation du modèle économique des centres de santé pluriprofessionnels », rapport n° 2023-034R, février 2025 : [IGAS].
Article L162-32 du Code de la sécurité sociale, Légifrance.
Circulaire Assurance Maladie CIR-12/2025, accord national des centres de santé.
Nomenclatures NGAP et CCAM, ameli.fr.
Topcura et Opti-CDS sont partenaires.
Sources

Andrei - Fondateur de Topcura
Après avoir dirigé plusieurs centres de santé en simultané en tant que directeur régional, de leur ouverture à leur expansion. J'ai fondé Topcura pour accompagner les structures de santé sur ce que j'ai moi-même vécu au quotidien : les recettes, le tiers payant, le parcours de soin et l'organisation des équipes.
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